Mot de la mairesse

 In Actualités, Inondations

Avant d’ouvrir la période de questions du public, j’aimerais, dans un premier temps, remercier chaleureusement le prêtre de notre paroisse Sainte-Marie-du-Lac, Michel Jasmin, qui nous a ouvert les portes de l’église ce soir en nous rappelant que cette église appartient à toute la communauté.

Dans un deuxième temps, je veux m’adresser à vous afin de faire le point sur la situation, mais aussi sur les dernières semaines puisqu’il s’agit de la première séance ordinaire du conseil, depuis le terrible sinistre du samedi 27 avril dernier.

Ce soir, je veux profiter de votre présence pour vous expliquer le fil des événements, défaire certaines rumeurs non fondées et répondre à vos questions au mieux de notre connaissance. Dans les semaines qui ont précédé cette triste journée du 27 avril, nous avons tous été témoins d’une impressionnante mobilisation citoyenne prêtant main-forte à nos employés municipaux pour déposer des sacs de sable et de gravier, alors que nous observions une autre importante crue printanière du lac des Deux Montagnes.

Je dis donc merci aux citoyens, aux employés et aux militaires pour leur contribution dans ce plan en différentes phases qui avait été planifié dans les semaines précédant la crue.

Malgré tous ces efforts, un grand malheur est survenu le samedi 27 avril dernier. Alors que nous prenions une pause pour le souper au Pavillon Jeunesse Optimiste, nous avons été alertés qu’une brèche venait de se former dans la digue entre les 26e et 27e Avenues. Heureusement, se trouvaient alors au Pavillon, des citoyens bénévoles, des employés de la Ville et des militaires. Très rapidement, nos policiers, nos pompiers, des services de sécurité incendie venant des Laurentides et de Lanaudière de même que des citoyens et des employés de la Ville et l’armée se sont mobilisés pour réaliser l’une des plus impressionnantes opérations d’évacuation jamais vécue au Québec. Dieu merci, personne n’a perdu la vie dans ces moments extrêmement critiques, alors que l’eau avançait sur le territoire à grande vitesse. Plusieurs d’entre vous avez participé à cette opération : je veux vous dire merci du fond du cœur. Vous avez accompli des gestes héroïques qui me touchent profondément.

Dans les jours et les semaines qui ont suivi l’évacuation de masse, il a fallu prendre soin des personnes sinistrées et les référer aux services gouvernementaux. Sur le terrain, nous avons rapidement procédé à l’aménagement de deux digues temporaires et d’un chemin menant à la brèche pour la colmater, afin de pouvoir commencer le pompage de l’eau vers le lac. Nous avons ensuite amorcé le rétablissement de nos différentes conduites et stations de pompage, tout en nettoyant le territoire : égouts pluviaux et sanitaires; aqueduc et ramassage des débris et des déchets.

L’ampleur de la tâche était colossale et je salue le travail de nos employés des travaux publics, qui ont reçu l’aide de leurs collègues des municipalités des Laurentides de Lanaudière ainsi que de la Ville de Montréal. On peut maintenant consommer l’eau sans la faire bouillir, utiliser les égouts sanitaires normalement, utiliser l’aqueduc à l’extérieur de sa résidence, vider sa piscine ou son spa. Les militaires sont retournés à leur caserne, les pompiers qui sont venus nous aider ont regagné leurs municipalités respectives vendredi dernier de même que les policiers de la Sûreté du Québec. L’état d’urgence a quant à lui été levé, vendredi dernier à 18 h.

Malgré tout ce que je viens d’énumérer, même si le niveau du lac est redescendu sous les 24 mètres, même si l’état d’urgence n’est plus en vigueur, il m’est sincèrement difficile de vous dire que tout est rentré dans l’ordre. Parce que pour la plupart d’entre vous, c’est tout sauf une situation paisible et normale. J’en suis tout à fait consciente. Vous êtes habités par l’anxiété, la tristesse et la colère. Je le sais très bien et je vous comprends. Vous vous demandez pourquoi est-ce arrivé. Vous-même ou des citoyens montrent du doigt la Ville et le gouvernement.  J’ai fait le point dans différentes entrevues médiatiques, mais ce soir, je saisis l’occasion de répondre à certains de ces questionnements qui vous préoccupent grandement.

Parlons tout d’abord de cette étude de 2009 qui recommandait à la Ville de Sainte-Marthe-sur-le-Lac d’effectuer des réparations sur la digue. Je vous informe que les travaux recommandés ont été effectués dans les règles de l’art en 2010. En 2017, la crue importante du lac des Deux Montagnes a amené la Ville de Sainte-Marthe-sur-le-Lac à considérer le rehaussement de la digue d’un bout à l’autre du territoire. Les démarches en ce sens ont été entamées. La Ville a fait une demande de certificat d’autorisation au ministère de l’Environnement. En parallèle, nous étions à la recherche d’une aide financière gouvernementale pour ce projet. Il est donc inexact de dire que les inondations du 27 avril sont dues à des travaux non réalisés.

Malheureusement, la propagation de fausses informations voulant que des travaux urgents n’aient pas été faits, a conduit des personnes à demander à la Cour l’autorisation d’intenter un recours collectif ce qui a maintenant pour conséquence qu’il m’est impossible de donner des informations supplémentaires étant donné les procédures judiciaires. De plus, ce recours risque d’être extrêmement coûteux pour les citoyens de Sainte-Marthe-sur-le-Lac.

Au cours des dernières minutes, je vous ai parlé amplement du passé. Il faut maintenant se parler du présent et surtout, de l’avenir. Vous n’êtes pas sans savoir que la Communauté métropolitaine de Montréal (la CMM), qui regroupe 82 municipalités de la région métropolitaine, déposera bientôt sa proposition de nouvelles zones inondables qui se traduirait, pour Sainte-Marthe-sur-le-Lac par la perte d’une très grande partie de son territoire situé au sud du chemin d’Oka. Après avoir subi un drame des plus traumatisants, la proposition de la CMM pourrait faire vivre aux sinistrés une nouvelle épreuve. En dépit de l’annonce gouvernementale pour la consolidation de la digue, la CMM a l’intention d’ignorer cet ouvrage de protection, ce que l’on appelle l’invisibilité de la digue, ayant des conséquences majeures sur la valeur des résidences touchées, sur les hypothèques et bien entendu sur les assurances. Si ce plan était accepté tel que proposé, il représenterait une importante perte financière pour tous les citoyens de notre Ville. Il appartiendra au gouvernement du Québec d’accepter, de modifier ou de refuser cette proposition de la CMM.

La Ville de Sainte-Marthe-sur-le-Lac s’oppose fermement à cette perte de territoire et se tournera également vers Québec pour qu’il entende la voix du bon sens, afin d’éviter de déraciner des citoyennes et des citoyens. J’ai d’ailleurs entrepris des discussions avec le gouvernement sur cet enjeu majeur. Malgré cet enjeu important, je suis consciente qu’il y a deux groupes bien distincts: ceux qui veulent quitter et ceux qui veulent demeurer. Je vous comprends d’être inquiets et je peux vous assurer que je travaille actuellement pour ces deux groupes.

Merci de votre attention.

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